Ouch. Choc. Jacques Bérubé est décédé.

2013-09-07_102459Je cherchais ce matin dans Linkedin d’anciens amis dont j’ai perdu la trace.

Je suis passé en vélo cette semaine boulevard Gouin près de la rue Meunier. Ça m’a rappelé mon ami Jacques duquel je n’avais pas de nouvelles depuis des décennies. Jacques Bérubé. J’ai mené une recherche sur son nom. Un Jacques Bérubé, mais pas le bon. Je saute dans Google. J’essaie « Jacques Bérubé » Laval, et vlan, le choc. Nécrologie.

Jacques, oui c’est le bon, est décédé. Il y a deux ans.

On s’est connu adolescent. J’arrivais de Ste-Thérèse parachuté à l’école Ladauversière dans le Nouveau-Bordeaux . J’avais 15 ans. C’est difficile à cet âge de changer d’école. On s’est lié d’amitié.  On s’est beaucoup vu. Lui et Desaulniers. On allait chez l’un, chez l’autre.

On parlait de tout, de rien, de filles, et beaucoup de politique. Il était apparenté avec Camille Laurin, si je me souviens bien. On a refait le monde. On parlait de musique (française surtout avec lui) , des médias en sirotant une bière et en boucanant souvent dans le sous-sol du cottage d’Ahuntsic qui ressemble à celui que j’ai acquis il y a 30 ans . Je me souviens de la gentillesse de sa mère.

Je suis allé au cégep puis à l’université, lui s’est trouvé rapidement un boulot comme rédacteur concepteur en publicité chez Promédia. Il écrivait les publicités maison du poste de radio CFGL.  N’avait-il pas un beau-frère qui travaillait dans le domaine? C’est lui qui m’a référé pour que je prenne la relève quand il est passé dans une agence majeure. Comme j’avais fait du journalisme au cégep et dans les hebdos artistiques, j’ai eu le job.

Tranquillement on s’est perdu de vue.

Un jour, début des années 2000, quelqu’un m’a remis la carte de visite de Jacques qu’il avait croisé. Je changeais d’emploi et je l’ai égarée. Merde.

Et voilà que je le retrouve…

Jacques a été un ami important pour moi.  Je salue sa famille.

« Jamais Jasmin n’a été aussi grave, aussi magnifique. Stupéfiant, ce récit ravageur au rythme nerveux et à la respiration passionnée est une grande œuvre qui mérite tous les prix. Assez ! le snobisme de prétentieux à l’endroit de Jasmin, capable d’être à la fois populaire et artiste. L’homme, ce récit le prouve une fois pour toutes, est un grand écrivain québécois. »

Après une critique très louangeuse sur la qualité de la traduction qu’a faite mon fils David  du livre de Robertson publiée sous le titre « Beat Vénération », voilà que le Devoir attaque le dernier livre de mon beaup Claude Jasmin, « Anita, une fille numérotée ». Une critique forte et touchante de Louis Cornelier  .

« Jamais Jasmin n’a été aussi grave, aussi magnifique. Stupéfiant, ce récit ravageur au rythme nerveux et à la respiration passionnée est une grande œuvre qui mérite tous les prix. Assez ! le snobisme de prétentieux à l’endroit de Jasmin, capable d’être à la fois populaire et artiste. L’homme, ce récit le prouve une fois pour toutes, est un grand écrivain québécois. »

Formidable!

Devoir de mémoire: Lucille Thibeault

Lucille, cette chère Lucille.

Lucille Thibeault est venue chez nous comme gardienne lorsque Laurent était bébé, avant la naissance de Gabriel. Lucille a supporté Éliane après la naissance de Gabriel. Elle a agit beaucoup plus que comme une gardienne. Elle a été un peu une grand-mère de remplacement pour les trois gars, Éliane ayant perdu sa mère David alors bébé. Elle nous aura permis de prendre un peu d’air dans notre couple, gardant les enfants quelques week-ends chaque année. On était en confiance avec Lucille. Les gars aimaient bien Lucille.

Ces dernières années on la voyait rue Fleury, souriante, rieuse, nous parlant de ses filles. Heureuse d’avoir la visite d’une d’entre elles qui habitait l’Ouest canadien. Elle se réjouissait de leur succès, elle pleurait leurs infortunes momentanées. Elle nous parlait de ses petits enfants. De celui-ci qui faisait du chant et de la figuration dans certains films. Nous n’avons pas été surpris d’apprendre que c’était lui qui incarnait Crevette dans l’excellent petit film « un été sans point ni coup sûr » de Francis Leclerc. Un bel avenir pour ce jeune comédien qui se nomme Jean-Carl Boucher! Grand-maman Lucille devait donc en être bien fière.

Lucille est décédée hier. On l’a trouvé dans son lit, paisible, avec, sur sa table de chevet, le récit racontant un peu de l’enfance de mes trois gars (et de leurs cousins), Branches de Jasmin que vient de publier mon beau-père.

A+, Lucille.

A+ comme l’appréciation pour ce que tu as fait dans nos vies, A+ comme dans à plus tard.

Nos condoléances à toute la famille.

Souvenirs d’il y a dix ans

Je travaillais au Ministère des Transports il y a dix ans. J’ai passé le plus clair des deux semaines de la Tempête de verglas au bureau , rue Port-Royal, à deux km de chez moi. J’ai travaillé de longues journées: d’avant le lever du soleil jusqu’à tard, tard en soirée. Je me souviens des entrevues données à RDI à minuit.

Quelques anecdotes.

  • Au tout début, le lundi je crois, entrevues du matin près du Pont Jacques Cartier. En fin de journée, on annonce la fermeture des autoroutes pour déglaçage des panneaux qui ont accumulé une couche de glace d’un ou deux pouces. Le nouvel lecteur de nouvelles vedette de TVA Simon Durivage (il a fait défection à Radio-Canada avant d’y revenir un an ou deux plus tard) m’appelle lui même pour vérifier le sérieux de la situation. Il sentait que la situation n’allait vraiment pas.  » Vous ne faites jamais ça une fermeture de la Métropolitaine. Pourquoi? Dangereux? … »
  • C’était en effet exceptionnel. Du jamais vu. J’avais assisté à une conférence téléphonique où les ingénieurs discutaient des moyens de faire tomber la glace en les frappant sans endommager les structures. Panneaux, structures des viaducs, des ponts, tout y est passé. Il fallait enlever tout ce qui pouvait tomber et fracasser les vitres.
  • Mon collègue Paquette était en vacances cette semaine là. On lui a demandé (quand? mardi, mercredi? ) de revenir. Sa femme était pas contente du tout au début… par la suite elle a compris qu’on était dans la « schnoutte »
  • J’ai assisté à des conférences téléphoniques réunissant les directeurs de toutes les régions où on était à l’écoute de chacun et où chacun tentait d’aider celles où ça n’allait pas. Des équipements loués en Abitibi et livrées à Montréal. « J’ai trois élévateurs, je vous les envoie »…
  • Dans nos bureaux l’électricité a manqué. J’ai demandé aux électriciens de nous connecter une prise sur la génératrice. Ça nous permettait d’avoir un ordinateur fonctionnel connecté par modem à une ligne téléphonique pour publier les communiqués, aussi on avait un téléviseur allumé sur le dessus des classeurs pour conserver le contact.
  • Je suis resté au bureau la plupart du temps, Paquette et Houde patrouillaient et se rabattaient au QG de Hydro Québec pour parler aux journalistes télé. Je m’occupais des radios avec l’équipe de techniciens et de préposés.
  • J’avais obtenu les numéros des animateurs ce qui me permettait d’entrer directement en ondes notamment à CKAC et à Radio-Canada pour faire part d’un message ou d’une nouvelle (ex. Telle route est fermée, tel pont vient de rouvrir…)
  • Un jour il y avait un problématique chute de la couche de glace qui étaient sur les toit des camions et des autos. Pour les autos, la police interceptait les cas dangereux. La glace pouvait partir au vent et fracasser le pare-brise de l’auto qui la suivait. Pour les camions, c’était d’une part beaucoup plus dangereux mais d’autre part beaucoup plus difficile à identifier. J’ai appelé en direct Salut Bonjour où un ancien camarade de classes travaillait (Guy Mongrain) et j’ai expliqué la situation à la recherchiste en suggérant que TVA braque la caméra qu’elle avait installé sur le toit de son édifice pour filmer les toits des camions sur le pont Jacques-Cartier. Trois minutes plus tard j’étais en ondes et je demandais aux camionneurs de bien nettoyer leur véhicule et aux automobilistes de ne pas les suivre de près. On montrait alors des images prises avec l’hélicoptère que TVA avait loué (C’était avant l’hélicoptère TVA!!!). Pas mal efficace…
  • Le MTQ avait déglacé les ponts mais ne pouvait enlever la glace des fils sur les voies. De la glace menaçait de tomber à la sortie du Pont Victoria tout propre. Le MTQ a fait construire un abri en contreplaqué sous lequel les autos pouvaient entrer à Montréal.
  • Il y avait un grand esprit de collaboration au MTQ. Les gens venaient de partout au Québec prêter main forte à leur collègues de la grande région de Montréal. Ils couchaient à tour de rôle dans des motels non chauffés.
  • Des employés de la région affectée n’avaient plus d’électricité chez eux et venaient travailler quand même. Le directeur de Montréal, M. Dugas a été l’un de ceux-ci…
  • Mon ancienne patronne et amie Ginette Garon m’appelle au début du verglas aux petites heures, son transfert au Ministère de la Sécurité publique a été devancé étant donné les circonstances. Elle me demande quel sera le meilleur chemin pour entrer à Montréal (les ponts étaient fermés). Pour aller devant le Stade Olympique. Cette amie du Bas du fleuve avait certains problèmes d’orientation à Montréal… Elle animait le point de presse du PM le matin, après une nuit blanche.
  • Un soir, prenant une marche après ma dernière entrevue au bulletin de minuit, je marchais avec Éliane rue Fleury. Des rues étaient barrées à cause de la glace, d’autres pas. Rue Chambord, tout a été nickel! On a croisé des amis épuisés qui eux manquaient d’électricité depuis quelques jours. Ils sont revenus avec nous et ont passé une nuit au chaud avec douche! Ils habitaient à deux rues de nous.
  • On a conservé le courant tout au long de la tempête. Le magnétoscope est resté programmé jusqu’à ce que Laurent coupe le courant de la maison pour faire une farce.

C’était l’année du grand verglas. Chacun a pu contribuer à sa façon. C’était un privilège pour de moi de vivre cela en équipe au MTQ. C’est comme ceux qui ont fait la guerre…